MACRO-ECONOMIE

La Macro Économie mondiale et la France : Et si nous passions du Libre Échange Total au Libre Échange Régulé

A / Constat : quelles règles régissent notre économie :

En France, suite à l’adoption du traité de Lisbonne par Nicolas SARKOZY en 2008, par modification de la Constitution française, alors que les Français l’avait rejeté lors du référendum de 2005, la Constitution qui s’impose à notre pays, est La Constitution Européenne.

Je rappelle qu’une CONSTITUTION est le droit du droit, le cadre maximum légal dans lesquels s’exercent les lois, et donc le quotidien des citoyens des pays qui y sont soumis. La notre est actuellement LA CONSTITUTION EUROPEENNE, et non la Constitution Française, Il faut le savoir.

L’Union Européenne UE (surnommé Bruxelles) est l’instance qui est garante du respect et de l’application de cette constitution.

Il y est dit, entre autres, que les États membres délèguent leurs pouvoirs en matière de stratégie et de décisions commerciales à L’UE par le biais de la Commission Européenne, (Commission exécutive « indépendante des pouvoirs politiques » ). Il y est dit, que l’UE est signataire au nom de tous ses membres, à l’OMC et ses règles, dont celles du LIBRE ECHANGE TOTAL, de capitaux, de biens, de services et de personnes.

Le libre Échange Total : Cela signifie qu’il est interdit d’interdire aux biens, aux services, aux finances et aux personnes, de circuler entre les pays concernés.

De plus, il est connu qu’une partie de l’UE, 18 pays, y ont adopté une monnaie unique : l’Euro, monnaie unique à taux de change fixe pour 18 pays à fiscalité et protections sociales différentes.

B / Le contexte commercial des Français

1 / les relations commerciales a l’intérieur de la zone UE :

La part du coût des matériaux pour fabriquer par exemple une machine à laver de 5 kg, est le même presque partout, en raison de la mobilité des objets et produits dans le marché mondial, et de la stratégie du meilleur rapport qualité-prix. Mais ce bien ne coûte pas le même prix à fabriquer (coût de production) dans tous les pays, en raison de niveaux de protections sociales (coûts salariaux garantissant la santé, l’éducation, la retraite des populations) et des niveaux de protections sanitaires ( les normes sanitaires garantissant la qualité des produits) différents. Ces protections ont un coût.

Donc pour un même usage, donc pour un même objet, suivant les exigences de normes et de protections sociales des pays, le prix d’achat du matériel change. Mais les matériaux circulent partout. Dans tous les pays. Il s’ensuit une concurrence à l’intérieur des corps de métiers et entre pays, à l’avantage des moins chers. Cela entraîne logiquement une offre tirée vers le bas en terme de qualité et une réévaluation, vers le bas, de la protection sociale de la zone UE.

2 / les relations commerciales des pays de l’UE avec les pays extérieurs à la zone UE :

Cela se passe de la même manière qu’à l’intérieur de l’UE, concernant les normes et la protection sociale, avec en plus, un paramètre essentiel : les pays extérieurs disposent, en terme d’armes commerciales, d’un taux de change variable, contrairement aux pays de la zone Euro ; Et cela a son importance.

Illustration :

Deux véhicules de même catégorie se retrouvent sur le marché extérieur. L’un vient de France, l’autre de Corée. Dans leur pays d’origine, ils ont un coût de production et une valeur. Sur le marché mondial, ils ont une autre valeur, gérés par les taux de change. Sauf que le taux de change français, déterminé par la BCE (pour toute la zone Euro, en fonction de critères extérieurs au pays d’origine de la voiture), est fixe (contrairement aux pays extérieurs à la zone Euro, comme la Corée), et que la Renault ne peut ajuster son prix. La protection sociale étant plus importante en France, Renault, structurellement plus cher, perd des parts de marché par rapport à son concurrent Coréen, structurellement moins chère (normes et protections sociales moindres), ainsi que artificiellement moins cher (par la dévaluation active ou non de sa monnaie, régulièrement).

Solution disponible dans le système OMC : délocalisation et ou flexibilité des salariés.

Délocalisation : Renault implante ses sites de production dans des pays à bas coût salarial, ce qui lui permet de diminuer son coût de production. Le PIB Français est maintenu, mais pas le revenu des français, qui se retrouvent sans emploi.

Flexibilité : Renault délocalise ; les salariés qualifiés suivent et deviennent formateurs par exemple. Ou bien, Renault reste, les salariés acceptent d’être payés moins chers (comme les coréens ?).

S’expatrier ou accepter une perte de pouvoir d’achat ou de protection sociale.

Sauf que nous ne sommes pas des boulons, nous avons des familles, (parents, femmes, enfants …), nous sommes attachés à un territoire. Cette flexibilité nous coûte chère en amour et en argent. En qualité aussi, car au final, nous (population) nous contenterons de produits moins chères, donc de qualité moindre en provenance de pays aux normes inférieurs aux nôtres, en raison de la perte de notre pouvoir d’achat. (voir chapitre Agriculture).

C / Que faire ?

Il ne s’agit pas là de remettre en cause le Libre Echange ;

Il a permis d’augmenter la richesse et la santé de nombreux citoyens dans de nombreux pays. La presse le répète régulièrement à juste titre : la richesse mondiale a plus que doublé depuis l’an 2000, pour atteindre les 260000 Milliards de dollars en 2014. Le patrimoine par adulte s’est accru de plus de 75 % sur la planète. La richesse mondiale n’a jamais autant cru que depuis ces 20 dernières années. Bien sûr, ce sont des données globales et non individuelles.

Il s’agit de remettre en cause le « total » du Libre Echange.

STOP au Libre Echange TOTAL.

Je propose de le remplacer par le Libre Echange REGULEE ;

D / Ouvrons les Marchés partiellement, tout en interdisant leurs fermetures totales :

Évaluons la consommation française, les partenariats potentiels avec les pays importateurs et dimensionnons nos filières en conséquence.

Il est nécessaire de protéger les marchés et de les réguler. A l’échelle d’un pays c’est possible. D’une zone géographique, cela reste jouable. Mais à l’échelle mondiale, les producteurs n’ont aucune visibilité.

Nous créerons moins de potentiel de richesse, c’est sûr, mais aussi bien nos agriculteurs et autres fabricants de biens manufacturés, que nous consommateurs, y serions satisfaits.

L’essentiel pour le pays est de créer du bonheur, pas de l’argent. Mieux vaut 100 personnes qui vivent aisément,, plutôt qu’une personne qui vit richement et 99 autres pauvrement.

Le marché ne saurait cependant être hermétique afin d ‘éviter les pièges des monopoles (comme aujourd’hui) qui font monter les prix.

Il ne s’agit pas non plus de tout faire nous même, de chercher l’autarcie. Nous nous concentrerons sur ce que nous savons et aimons faire et accepterons que les autres aient des savoirs – faires supérieurs à nous dans d’autres domaines.

E / Régulons :

Cela demande de l’observation (de l’évolution de l’offre et de la demande), de la réflexion, de la négociation et de la réactivité continuelle.

Une technique serait de se laisser une marge de 20 % : Proposer, pour un produit sur le territoire, une offre de 120 % (soit 20 % au dessus de la demande intérieure) dont il faudra suivre l’évolution. Si Elle va dans la direction de se faire absorber par le marché intérieur, cela signifie que la demande grandit, on augmente l’offre, soit par la production intérieur, soit par l’importation. Si elle s’accumule, cela signifie que la demande diminue. On diminue l’importation. Dans les deux cas, on cherche à répondre à la demande intérieure en réajustant l’offre à 120 %. Et les 20 % supplémentaires servent de concurrence pour garantir au consommateur le juste prix.

C’est beaucoup plus laborieux que le libre échange total où nous laissons tout faire sans contrôle, mais au final, nous aboutirons à une société plus équilibrée, avec une répartition des richesses atteignant le plus grand nombre.

Les moyens de cette régulation sont : en premier lieu les quotas et en deuxième lieu seulement les droits de douanes. Les normes ne doivent pas être vues comme tel, mais plutôt comme une mesure de respect et de protection, par la garantie de qualité qu’elles offrent aux consommateurs français. Actuellement ce respect n’existe pas. (Voir chapitre Protection Sociale).

F / Et Les pays exportateurs ?

Ils ne seront pas satisfaits : Et alors ? Pour garder les volumes financiers de transactions commerciales, s’ouvriront les négociations, sur des produits dont nous avons besoins, mais ne produisons pas, ou pas en quantité suffisante. Sur les normes que nous acceptons, pour la protection de notre population. Sur les produits français qu’ils peuvent accueillir aussi;

Nous sommes la 6 ème puissance mondiale, avec un volume financier d’échange de 900 Milliards d’Euros. Cela nous donne de la force pour négocier. Qui peut s’en passer et refuser toute négociation ?… C’est là ma vision de la régulation.

Conclusions :

Il est indéniable que la négociation entraînera la baisse des volumes de transactions commerciales. Mais, n’est ce pas une aberration humaine et écologique que de faire venir des produits que nous produisons, de l’autre bout de la terre avec toutes les pertes naturelles que cela entraîne (voir le chapitre Écologie) tout cela juste pour créer de l’argent ? Et non du bonheur… De plus, il est avéré que ceux qui empochent le maximum d’argent de ces transactions sont sans commune mesure les agents commerciaux et financiers à l’échelle internationale, et non les citoyens.

Cependant, soyons conscients que le contexte juridique actuelle de la France ne lui permet pas, dans l’immédiat, de mettre en place ce « Libre Échange Régulé ».

Il y a un préalable incontournable : Installer un rapport de force avec son autorité de tutelle : l’UNION EUROPEENNE.

Ce rapport de force aboutira soit à une renégociation des traités (comme en Grande Bretagne, mais à l’inverse, vers une demande spécifique de protectionnisme), soit carrément à une sortie de la France de l’UE, autrement dit, à la fin de L’Union Européenne, car les autres pays dont les populations sont dans la même situation que nous, risquent fortement de nous imiter. Mais gardons en tête que l’UE n’est pas l’Europe, et je suis persuadé que nous vivrons beaucoup plus sereinement avec les autres pays de l’Europe et que des projets de fédéralisme verront le jour, cette fois ci plutôt coté fédéralisme européen à la Jean MONNET. Cela en évitant les erreurs du régime européen actuel.

C’est un énorme chantier politique et diplomatique avant d’être économique. Difficile, ne nous le cachons pas, mais au combien prometteur. J’ai hâte d’y être !!! et vous ?

 

FIN